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lundi 27 mai 2019

Cataractes de Sonja Delzongle

Couverture : Constance Clavel

Une centrale hydroélectrique construite sur un sol instable, un mystérieux empoisonnement qui fait perdre la raison aux employés, la disparition inexpliquée d’une vingtaine de moines et un commando d’écologistes radicaux prêts à tout faire sauter... Pour son nouveau polar, Sonja Delzongle revient à ses racines serbes. Elle renoue avec un pays où elle n’est pas née mais qu’elle porte en elle. La Serbie, née de la guerre civile, sans doute la pire qui soit -si l’on peut hiérarchiser l’horreur. Une guerre où le voisin d’hier devient l’ennemi juré, où chacun est suspect, où l’on doit parfois choisir entre père et mère.
Vladimir a combattu, il a tué, il a violé. Il a aussi été torturé et grièvement blessé par une mine. Un homme meurtri dans sa chair et dans son âme. Jan, son ami d’enfance, est parti travailler à l’étranger. Culpabilité contre culpabilité : celle d’avoir fait la guerre pour l’un, de ne pas l’avoir faite pour l’autre. Mais les deux vont s’unir pour enquêter sur l’empoisonnement de l’eau et la fermeture du monastère de la vallée. On plonge avec Jan dans la forêt dense de Serbie, on se perd dans le brouillard et on se confronte aux forces quasi mystiques de la nature sauvage, où l’homme redevient un animal parmi les autres. Sonja Delzongle interroge notre rapport à la nature : communion pour les uns, contrôle pour les autres. Une nature que certains ont choisi de défendre, quitte à commettre l’irréparable.
Fausses pistes, chausse-trappes, rebondissements, Sonja Delzongle nous balade à son gré. Et nous emmène aux confins de la folie. Comme ces âmes funambules pour lesquelles un pas de plus est un pas de trop.

lundi 14 janvier 2019

Boréal de Sonja Delzongle

Couverture : Constance Clavel

D’un côté, six scientifiques exilés dans le Grand Nord. Deux femmes, quatre hommes et un loup réunis dans une promiscuité étouffante, cernés par la glace, englués dans la nuit polaire.
De l’autre, Luv Svendsen, une chercheuse scandinave menacée de mort. Elle est spécialisée dans les hécatombes animales : des morts massives d’animaux se produisent partout dans le monde ; on en recense plus de 160 chaque année, uniquement aux Etats-Unis. Des centaines de tortues mortes au Mexique, des milliers d’oiseaux au Kansas et à Malibu, des poissons par centaines en Turquie ou aux Pays-Bas… Ces hécatombes existent. Comme dans la plupart de ses romans, Sonja Delzongle part de phénomènes réels pour construire sa fiction. Elle entremêle les destins, jongle avec les époques et se joue du lecteur dans une intrigue militante. C’est un polar, on ne peut rien dire de plus. Sinon, qu’il y aura forcément des morts…
Sonja Delzongle encre sa plume dans ses révoltes : le non-respect de l’environnement, l’oppression des peuples indigènes… Son livre évoque aussi en sourdine la question de la parentalité, le respect et la sacralité de la vie humaine. Boréal est un hymne à la vie sous toutes ses formes. Si l’on peut parfois regretter des passages trop écrits, il n’en demeure pas moins un livre envoutant et sensible. Et l’on s’attache aux personnages : Luv et sa dette de mère, Dick et la défense des Inuits, Roger, responsable paternaliste de la mission, Anita, mère et lesbienne, Matthieu et son loup, Akhash le cuistot discret. Atsuko et sa douleur innommable. Il faudra bien que l’on trouve un mot pour désigner les mères en deuil…



samedi 11 novembre 2017

Récidive de Sonja Delzongle

Couverture : Tim Robinson
Les lecteurs de Sonja Delzongle vont enfin en savoir plus sur Hanah Baxter. Déjà présente dans Dust et Quand la neige danse, la profileuse est, cette fois, rattrapée par son histoire familiale. Française, originaire de Saint-Malo, la jeune femme s’est installée à New York pour fuir son passé. Son père Erwan Kardec a passé 25 ans en prison, pour le meurtre de sa femme. Condamné sur dénonciation d’Hanah, alors âgée de 13 ans. Mais, Erwan Kardec vient d’être libéré pour raison de santé : cancer de la prostate, en phase terminale. Peu lui importe sa mort prochaine, Erwan Kardec s’est juré de se venger. C’est une idée fixe, la seule qui le maintient en vie : tuer sa fille. De toute façon, la mort, Erwan Kardec a ça dans le sang. Il aime le moment où la vie s’échappe, le pouvoir de reprendre ce que Dieu ou l’Univers a donné. Un peu mégalo, Erwan ? Un peu (beaucoup) perdu entre le bien et le mal. Entre vivre ses pulsions ou les réfréner. Sonja Delzongle s’amuse à entremêler les trajectoires de ses personnages. Hanah et son père, Yvan le capitaine de gendarmerie, fils du précédent capitaine, et Alexandre, le médecin légiste. Elle teinte le tout de mysticisme : rêves, hypnose, radiesthésie. Ce n’est pas un hasard si le livre se déroule en Bretagne, terre de légendes et de naufrages. Celui du Hilda, un paquebot fracassé sur les récifs au large de l’île de Cézembre, le 18 novembre 1905. 134 personnes à bord. 6 rescapés. Des flashbacks, une chronologie décalée entre les chapitres, Sonja Delzongle se joue de nous, comme un chat d’une souris. Si l’intrigue peut paraître simple, elle pose des questions bien plus complexes. Au-delà du plaisir de tuer, c’est la question de la capacité de tuer qui est soulevée. Serions-nous capable de tuer quelqu’un ? Suffit-il d’en être capable une seule fois ? Il est aussi question de filiation. La violence se transmet-elle ? Peut-on se défaire de la violence du père ? Comment lutter contre le poison ? Récidive évoque aussi le thème de l’identité. Sommes-nous d’un pays, d’une ville ? Notre identité est-elle définie par notre nom ? Notre histoire ? Ou sommes-nous uniquement ce que nous décidons d’être ?


vendredi 3 mars 2017

Le cycle clandestin I de DOA

Couverture : Plain Picture
 Image Source
Le Cycle Clandestin I est un recueil de deux romans (Citoyens Clandestins et le Serpent aux Mille Coupures), prémisse du diptyque Pukthu. Ces deux romans n’en forment qu’un seul où l’on suit un agent des renseignements, Lynx, tueur de la République. On plonge alors dans le monde obscur des espions, des militaires, des renseignements. L’histoire commence juste avant le 11 septembre 2001. La montée de l’islamisme en France amène l’Etat à prendre les premières mesures de lutte anti-terroriste. Mais les intérêts politiques, la rivalité entre les services de renseignements français (intérieur et extérieur) et les ambitions personnelles ne sont pas toujours compatibles. Au milieu de ce panier de crabes : deux journalistes. Un professionnel épris de vérité, rompu aux enquêtes et sans beaucoup d’états d’âme ; et une jeune femme ambitieuse et idéaliste, tout juste sortie de l’école. (p.354) : « Pour s’accrocher à la jeunesse, ils débitaient, joueurs, leurs récits rodés de vieux guerriers blessés à un auditoire immature qui soignait ses angoisses avec la douleur des autres ». DOA nous livre un thriller politique et militaire sans manichéisme. Pas de super-héros ou de méchants sans scrupules. Les personnages sont ambigus, détestables, attachants, parfois tout cela en même temps. L’histoire pourrait être compliquée, difficile à suivre, mais DOA nous prend par la main, nous guide, nous explique, nous manipule aussi, c’est le jeu. Le deuxième tome, Le Serpent aux mille coupures, constitue la suite directe de Citoyens Clandestins. Unité de temps et de lieu. On suit toujours Lynx, dans sa fuite en avant. Le face à face entre ce tueur de la République en plein questionnement et une famille noire rejetée par les villageois, dans le vignoble bordelais, est d’une intensité folle. (p.840) : « Jusqu’où êtes-vous prête à aller pour sauver votre peau ? Moi je le sais. C’est pour cela que je vous retiens ici depuis trois jours. Mais vous. ». DOA écrit sur un fil, tendu jusqu’à la rupture. C’est brut, c’est sombre et tellement juste.


lundi 9 mars 2015

La ferme de Tom Rob Smith

Couverture : plainpicture /
 Mohamed Itai
Grosse déception !! J'avais dévoré le premier roman de Tom Rob Smith, Enfant 44. Un polar sous le régime de Staline. Une enquête haletante sous un régime de terreur, où tout le monde suspecte tout le monde. Une pression constante admirablement bien retranscrite. Dans La Ferme, changement de décor... Direction la Scandinavie, pour une histoire inspirée de la propre vie de l'auteur. Les parents de Daniel, 29 ans, décident de quitter l'Angleterre pour acheter une ferme en Suède, pays de naissance de la mère. Mais rien ne se passe comme prévu. Et le roman de Tom Rob Smith démarre plutôt bien. On est tout de suite happé par l'intrigue. Avec cette question redoutée par tous les enfants : avoir un jour à choisir entre son père ou sa mère. Daniel devra démêler le faux du vrai pour savoir si sa mère développe une paranoïa aiguë ou si son père cherche bien à la tuer... L'intrigue est très bien ficelée. On est placé dans la peau de Daniel et l'on doit se fier uniquement aux dires de la mère et du père pour tenter de trouver qui dit vrai. On retrouve une écriture très habile pour cultiver le mystère et faire monter la pression. Mais... (et oui il y a un mais... ) ce beau travail est complètement anéanti par un rebondissement sorti de nulle part. Une fin à l'emporte pièce. Bâclée. On ne comprend même pas comment Daniel arrive à sa conclusion finale. Et pire que tout, Tom Rob Smith se fend d'un post-face pour expliquer au lecteur la part de réel et d'imaginaire dans cette histoire. Mais pourquoi diable avoir écrit un roman dans ce cas ?


mercredi 27 août 2014

Crains le Pire de Linwood Barclay

couverture : dpcom.fr
Petit retour au polar ! Un livre de Linwood Barclay est plutôt une valeur sûre. Dans cet opus, Linwood Barclay explore les relations entre un père et sa fille. L'adolescente disparait brusquement sans laisser de trace, alors qu'elle se rend sur son lieu de travail estival. Un hôtel où elle tient la réception. La police piétine et le père décide de mener sa propre enquête. Il va alors découvrir des incohérences et commence à se poser des questions sur sa fille. Connait-on jamais vraiment ses enfants ? Linwood Barclay sait parfaitement traiter de ces instants où la vie bascule. Un homme ordinaire, pas vraiment héros de sa propre vie, va devoir faire face aux dangers pour sauver sa fille. Crains le Pire... C'est exactement de cela qu'il s'agit pour un parent : comment protéger son enfant et le laisser en même temps faire ses propres expériences, vivre sa vie selon ses propres choix ? Comment leur faire comprendre que quoi qu'il arrive, on est là pour eux et les laisser choisir leur trajectoire ? C'est un bon roman policier, bien maitrisé et efficace. 

vendredi 13 juin 2014

Juste une Ombre de Karine Giebel

Couverture : Axel Mahé
J'ai découvert Karine Giebel avec sa nouvelle Post Mortem. Soixante pages qui vous clouent au mur. Quand je lis un polar, j'aime me croire plus maline que l'auteur (présomptueuse ?). Je cherche qui, pourquoi, comment... Mais avec Karine Giebel : mission impossible !! Elle est pour moi la nouvelle maitresse du suspense. Elle sait créer une atmosphère tendue au cordeau. Elle vous prend par la main dès les premières lignes et vous emmène, l'air de rien, exactement où elle souhaite que vous arriviez. Plus sûrement qu'un GPS. Juste Une Ombre réunit tout ce que le polar fait de meilleur : le doute, la folie, la perversité, les jeux de dupe et la paranoïa... tout y est, en mieux. Karine Giebel n'a pas son pareil pour construire la psychologie de ses personnages. Elle en profite au passage pour nous plonger dans le monde sans concession de l'entreprise. Où une femme doit prouver plus, sans cesse. Pour s'imposer dans un monde d'homme, elle doit devenir plus mordante, plus virile même. L'écriture de Karine Giebel est une symphonie qui va crescendo. Et la fin, toujours, vous cueille. Et vous laisse à bout de souffle.

jeudi 6 février 2014

Dossier 64 de Jussi Adler Olsen

Couverture :
Thomas Szoke/eyelab.dk
J'ai retrouvé avec bonheur le Département V et l'équipe disparate de l'inspecteur Carl Morck. Cette fois-ci, Jussi Adler-Olsen se penche sur une part sombre du Danemark. L’eugénisme, les avortements forcés par des médecins membres du parti extrémiste et surtout la prochaine arrivée au pouvoir de ce parti. Un climat tendu et nauséeux comme sait parfaitement les retranscrire l'écrivain. C'est la quatrième enquête de Morck que je lis et... malheureusement je commence à être habituée au style et à la construction de ces romans. Ça marche, certes. Ça marche même très bien comme toujours. Les personnages récurrents s'épaississent un peu plus. Petit bémol pour l'inspecteur Morck qui ressemble de plus en plus à un usurpateur. Au fil des enquêtes, c'est à chaque fois, ses deux lieutenants qui le mettent sur la piste. Lui ayant pris le parti d'en faire chaque fois un peu moins. Les protagonistes de l'affaire 64 sont aussi attachants (ou repoussants c'est selon) mais toujours crédibles et justes. Et dans ce nouvel opus, on retrouve l'humour de Jussi Adler-Olsen ! Mon souci, c'est qu'à force de lire Jussi Adler-Olsen, on arrive à voir où il nous emmène et cela a tendance à gâcher un peu notre plaisir.  D'un livre sur l'autre, la construction est similaire et les ressorts un peu mous. Toutefois, je dois reconnaître à l'auteur un talent particulier pour dépeindre la société danoise d'aujourd'hui. Et cette montée des extrêmes qui se fait de plus en plus pressante en Europe.


lundi 30 décembre 2013

Au pied du Mur d'Elisabeth Sanxay Holding

Couverture : Eva Van Ruymbeke
Voilà un livre qui m'est tombé dans les mains par un pur hasard. Élisabeth Sanxay Holding était une inconnue pour moi. Elle est pourtant présentée comme la première auteur femme de polar. Elle a publié Au Pied du Mur en 1947. L'action se passe pendant la Seconde Guerre Mondiale. Une femme vit seule avec son père et ses deux enfants aux États-Unis pendant que son mari fait la guerre dans le Pacifique. Et son quotidien bascule quand elle découvre le corps d'un homme sur sa propriété. Pas beaucoup d'action dans ce livre, mais plutôt une tension psychologique. On est confronté au stress de cette femme coincée entre la bienséance de l'époque et sa volonté de protéger ses proches. A une époque où les femmes n'étaient pas encore émancipées. Comment faire face à la menace extérieure mais aussi au jugement de ceux que vous cherchez à protéger ? Où trouver la force de sortir du rôle que vous donne la société quand l'impensable vous tombe dessus? Ce roman est une radiographie de la société américaine du XXeme siècle. Je l'ai trouvé intéressant surtout pour cela.

mardi 27 août 2013

La Vérité sur l'Affaire Harry Québert de Joël Dicker.

couverture : Victor Burton
Un gros coup de cœur !!! C'est sans nul doute l'un des meilleurs livres que j'ai pu lire cette année. Joël Dicker réalise la prouesse d'écrire à la fois une enquête policière, un roman d'amour et un livre sur l'écriture. A la fois passionnant, émouvant, enthousiasmant ! La Vérité sur l’Affaire Harry Québert est aussi un livre sur l'amitié et ce qu'elle peut nous amener à pardonner ou pas... Tous les personnages sont construits et attachants. L’enquête est une référence pour les amateurs de polars : toutes les (fausses) pistes sont plausibles et il faut attendre la toute fin du livre pour obtenir les dernières réponses à nos questions, y compris celles que l'on a omis de se poser. C’est toujours très difficile d’écrire sur ce que l’on aime. On a envie de faire partager son enthousiasme. Au risque d’en faire trop… Et c'est Joël Dicker lui-même qui parvient le mieux à exprimer ce que j’ai ressenti grâce à son livre (laissons faire les pros !) : « environ une demi-seconde après avoir terminé votre livre, après en avoir lu le dernier mot, le lecteur doit se sentir envahi d’un sentiment puissant ; pendant un instant, il ne doit plus penser qu’à tout ce qu’il vient de lire, regarder la couverture et sourire avec une pointe de tristesse parce que tous les personnages vont lui manquer. Un bon livre est un livre qu’on regrette d’avoir terminé ». Ce qui m'a le plus touchée dans ce livre finalement, ce n'est pas l'enquête policière ou l'histoire d'amour... C'est cette possibilité que nous offre Joel Dicker d’entrer dans l’intimité de l’écrivain face à sa page blanche. Ça vous donnerait des envies d’écrire, de réussir vous aussi à publier un chef d’œuvre… Et l'on glane ainsi des conseils sur l'écriture, des phrases qui se détachent du livre et qui font citations (mais à vous de les trouver... j'aimerais toutes le insérer ici, mais à quoi bon, le livre est déjà écrit). Notons enfin, en filigrane un regard sans concession sur la société américaine, la justice et les médias. Allez-y les yeux… grands ouverts ! En espérant que cela vous plaise autant qu’à moi.

mercredi 3 juillet 2013

La Conjuration Primitive de Maxime Chattam

Conception graphique :
Philippe Narcisse

C'est toujours très difficile de parler d'un polar sans trop en dévoiler... Le point de départ du livre : plusieurs meurtres extrêmement violents ont été commis en France, puis en Europe. Fait inhabituel : plusieurs meurtriers en série semblent impliqués. Plutôt alléchant pour qui aime les polars et n'est pas trop rebuté par l'hémoglobine... 
Personnellement, j'aime beaucoup les enquêtes policières. Je ne suis pas contre un ou deux meurtres pour pimenter l'action... Cela dit, le roman que nous propose Maxime Chattam va beaucoup, beaucoup plus loin. C'est un peu la marque de fabrique, j'en conviens... L'intrigue part même plutôt bien. On est assez vite emmené par le rythme et les personnages des enquêteurs. J'aime d'ailleurs le fait qu'on soit placé du côté des policiers. On découvre les meurtres en même temps qu'eux. Malheureusement, je n'ai pas adhéré au-delà de la 314ème page (sur 460). Trop de répétitions, on tourne en rond. Les enquêteurs mettent dix pages à trouver ce que le lecteur a déjà compris. Tout cela tue le rythme. Et l'auteur semble se complaire dans le morbide. Il en fait des tonnes et n'hésite pas à répéter sans cesse combien tous ces crimes sont horribles. Le lecteur est pourtant bien placé pour s'en rendre compte ! Quant à la fin, je vous laisse juge...
Cependant, La Conjuration Primitive propose des pistes de réflexion intéressantes sur la cruauté de l'être humain. Ce goût du sang, de la violence et de la guerre dont l'homme ne parvient pas à s'extraire depuis son origine. Le roman pose la question de la responsabilité de la société dans l'accès de violence de certains hommes. L'importance de la famille et de l'éducation dans l'équilibre plus tard de l'adulte. Tout cela est plutôt intelligent mais noyé sous la perversité troublante des crimes. Car en fin de compte, il a bien fallu que l'auteur ait suffisamment de noirceur dans l'âme pour inventer tout cela... J'entends le point de vue de Maxime Chattam qui cherche à comprendre l'âme humaine, dans ce qu'elle a de plus noir et inquiétant car cette part dérangeante est finalement en chacun de nous. De façon plus ou moins prégnante. Mais j'ai parfois besoin d'évasion pour retrouver tout ce que l'âme humaine peut avoir de beau et de grand.