lundi 14 janvier 2019

Boréal de Sonja Delzongle

Couverture : Constance Clavel

D’un côté, six scientifiques exilés dans le Grand Nord. Deux femmes, quatre hommes et un loup réunis dans une promiscuité étouffante, cernés par la glace, englués dans la nuit polaire.
De l’autre, Luv Svendsen, une chercheuse scandinave menacée de mort. Elle est spécialisée dans les hécatombes animales : des morts massives d’animaux se produisent partout dans le monde ; on en recense plus de 160 chaque année, uniquement aux Etats-Unis. Des centaines de tortues mortes au Mexique, des milliers d’oiseaux au Kansas et à Malibu, des poissons par centaines en Turquie ou aux Pays-Bas… Ces hécatombes existent. Comme dans la plupart de ses romans, Sonja Delzongle part de phénomènes réels pour construire sa fiction. Elle entremêle les destins, jongle avec les époques et se joue du lecteur dans une intrigue militante. C’est un polar, on ne peut rien dire de plus. Sinon, qu’il y aura forcément des morts…
Sonja Delzongle encre sa plume dans ses révoltes : le non-respect de l’environnement, l’oppression des peuples indigènes… Son livre évoque aussi en sourdine la question de la parentalité, le respect et la sacralité de la vie humaine. Boréal est un hymne à la vie sous toutes ses formes. Si l’on peut parfois regretter des passages trop écrits, il n’en demeure pas moins un livre envoutant et sensible. Et l’on s’attache aux personnages : Luv et sa dette de mère, Dick et la défense des Inuits, Roger, responsable paternaliste de la mission, Anita, mère et lesbienne, Matthieu et son loup, Akhash le cuistot discret. Atsuko et sa douleur innommable. Il faudra bien que l’on trouve un mot pour désigner les mères en deuil…



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