jeudi 17 janvier 2019

Vigile de Hyam Zaytoun

Couverture : Sarah Robine
Le cœur d’Antoine lâche au milieu de la nuit. C’est sa femme qui nous raconte le râle dans l’obscurité, le front moite et le regard fixe.
Hyam Zaytoun est comédienne. Son métier est de dire les mots des autres, se mettre en pleine lumière pour leur donner vie. (p.41) : « Et l’on a perdu toute pudeur, parce que les mots sont écrits par d’autres et c’est comme un costume que l’on prend pour mieux se dévoiler ». Mais pour la première fois, Hyam Zaytoun nous offre ses propres mots. Elle dit l’effroi, l’angoisse. Elle dit les gestes malhabiles pour faire reculer la mort. Elle dit la peur. Avec beaucoup de douceur, elle nous montre la fraternité des compagnons de théâtre, la présence solide des voisins, des amis, de la famille. Tant d’amour condensé dans un si petit livre. Si peu de mots. Pas un en trop. Aucun ne manque. Affluent les souvenirs des jours heureux, quelques photographies. La photo porte cela en elle, une réponse à la mort, retarder l’oubli, garder les visages. (p.85-86) :« Oui c’est toujours toi derrière l’objectif et toujours moi devant. J’aurais dû t’immortaliser mon amour ».
Désormais, Hyam Zaytoun est aussi écrivaine. Avec élégance et simplicité, elle se dit, elle, son histoire, et elle nous parle de nous. De nos peurs viscérales, de nos espoirs, de nos luttes. Elle nous dit qu’on aime et qu’on a peur. Qu’on a peur justement parce qu’on aime.
Il ne faut pas avoir peur. Il faut vivre sans attendre. Et obéir aux enfants. (p.76) « Dis à papa que je viendrai samedi, et samedi, je veux qu’il ouvre les yeux ».


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