vendredi 3 mars 2017

Le cycle clandestin I de DOA

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Le Cycle Clandestin I est un recueil de deux romans (Citoyens Clandestins et le Serpent aux Mille Coupures), prémisse du diptyque Pukthu. Ces deux romans n’en forment qu’un seul où l’on suit un agent des renseignements, Lynx, tueur de la République. On plonge alors dans le monde obscur des espions, des militaires, des renseignements. L’histoire commence juste avant le 11 septembre 2001. La montée de l’islamisme en France amène l’Etat à prendre les premières mesures de lutte anti-terroriste. Mais les intérêts politiques, la rivalité entre les services de renseignements français (intérieur et extérieur) et les ambitions personnelles ne sont pas toujours compatibles. Au milieu de ce panier de crabes : deux journalistes. Un professionnel épris de vérité, rompu aux enquêtes et sans beaucoup d’états d’âme ; et une jeune femme ambitieuse et idéaliste, tout juste sortie de l’école. (p.354) : « Pour s’accrocher à la jeunesse, ils débitaient, joueurs, leurs récits rodés de vieux guerriers blessés à un auditoire immature qui soignait ses angoisses avec la douleur des autres ». DOA nous livre un thriller politique et militaire sans manichéisme. Pas de super-héros ou de méchants sans scrupules. Les personnages sont ambigus, détestables, attachants, parfois tout cela en même temps. L’histoire pourrait être compliquée, difficile à suivre, mais DOA nous prend par la main, nous guide, nous explique, nous manipule aussi, c’est le jeu. Le deuxième tome, Le Serpent aux mille coupures, constitue la suite directe de Citoyens Clandestins. Unité de temps et de lieu. On suit toujours Lynx, dans sa fuite en avant. Le face à face entre ce tueur de la République en plein questionnement et une famille noire rejetée par les villageois, dans le vignoble bordelais, est d’une intensité folle. (p.840) : « Jusqu’où êtes-vous prête à aller pour sauver votre peau ? Moi je le sais. C’est pour cela que je vous retiens ici depuis trois jours. Mais vous. ». DOA écrit sur un fil, tendu jusqu’à la rupture. C’est brut, c’est sombre et tellement juste.


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