jeudi 2 mai 2019

L’appartement du dessous de Florence Herrlemann

couverture : Sam Szafran

Imaginez… Vous emménagez dans un appartement et votre voisine du dessous, centenaire, vous écrit des lettres, insiste pour obtenir des réponses et semble guetter vos faits et gestes. Pas très engageant de prime abord. Pourtant, cette correspondance entre Hectorine et Sarah est vitale. Il en est du devoir de mémoire, de la rédemption et de la vie comme elle va… Hectorine, est née en Allemagne. A peine sortie de l’adolescence, elle a été confrontée au pire de l’être humain. Elle a enduré la privation, le froid, la perte des êtres chers. Arrêtée et internée par les nazis dans un camp de travail, parce qu’elle aime les femmes. Niée, rabaissée, animalisée. Comment fait-on pour survivre ? Où puiser la force de lutter ? Et après ? Comment vit-on ? Dans quoi puise-t-on la force de continuer ? L’espoir ? Le souffle vital irrépressible ? Ou leurs pendants plus sombres que sont la colère, la vengeance, la haine ? Comment vider le poison accumulé au fil de tant d’années ?
La parole, les mots. Dire, on en revient toujours au même. Dire. Ne plus laisser de vide et de silence. Eclairer les zones d’ombres.
Et pour accueillir ces lettres chargées, il y a la jeunesse de Sarah. Sa vie pressée, sa solitude aussi. Avec la lourdeur de ses secrets, Hectorine lui transmettra son immense soif de vivre et sans doute aussi un peu de sa force.
On peut regretter une lettre de trop dans cette correspondance, mais L’appartement du dessous a le mérite d’évoquer un pan méconnu de la Seconde Guerre Mondiale, avec style, pudeur et justesse.



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