mercredi 7 août 2013

Le livre de Joe de Jonathan Tropper

Couverture : David Leahy
(gettyimages)
Joe Goffman est un écrivain à succès. Il a écrit un livre sur sa ville natale, Bush Falls. Une petite ville américaine qui voue un culte à son équipe locale de basket. Adolescent, Joe grandit dans une famille de basketteurs mais il n’attrape pas le virus et se sent exclu, dans sa propre famille. 17 ans plus tard, Joe revient à Bush Falls au chevet de son père. Il se heurte cette fois à la colère des habitants qui se sentent trahis et salis par son livre. Il devra faire face : à la colère, à la violence, à l’exclusion… Mais aussi à ses propres démons : le suicide de sa mère, le sentiment de rejet de sa propre famille, le deuil et ses propres manquements. Jonathan Tropper met le doigt où ça fait mal : les regrets et les remords que l’on traîne avec soi. Les erreurs que l’on ne parvient pas à se pardonner. La rancune aussi. Le livre de Joe, c’est le livre de la vie. Comment digérer notre passé pour continuer à avancer et se construire. C’est un livre sur la famille, pilier ultime de l’individu. Quelle que soit l’enfance, les divergences familiales et les ressentiments, nous devons faire avec. On se construit avec sa famille, et parfois malgré elle. Chaque enfant attend une reconnaissance, une fierté, un encouragement de la part de ses parents. Comme Joe attend un regard de son père. Mais il arrive un moment où l’on doit laisser sa colère, arrêter d’attendre pour avancer, aller vers l’autre. Si personne ne nous aide à enlever un peu les cailloux de nos chaussures, nous devrons apprendre à le faire nous-mêmes… Et si personne ne nous pardonne, arriverons-nous à nous pardonner ?
C’est la résilience de Boris Cyrulnik. L’individu doit trouver en lui-même les réponses à son traumatisme, pour dépasser la dépression et le cercle vicieux de l’échec. Mais la résilience passe aussi par l’autre, l’amour et le couple.
Le livre de Joe est magnifique, fort et tendre. Jonathan Tropper maîtrise l’écriture à merveille et distille juste ce qu’il faut d’humour pour nous proposer un véritable bijou littéraire.


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