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mardi 24 avril 2018

La petite gauloise de Jérôme Leroy



Stacy Billon est élève dans un lycée professionnel d’une ville portuaire dans l’ouest de la France. C’est une jeune blonde, moyenne, invisible, en colère. Elle couche avec tous ceux qui la désirent et notamment avec le Combattant. Musulman radicalisé, il prépare un attentat et compte bien utiliser la colère de Stacy-la-petite-gauloise pour mener l’opération.
Deux haines réunies, deux volontés de tuer la société. Peu importe les raisons de chacun. (p47) : « Tu as tes raisons pour faire mal à ce monde-là, moi aussi. Toi c’est pour Allah, moi c’est parce que le monde est laid et qu’il ne m’intéresse pas ». Relation de deux êtres toxiques, rapports de force, d’emprise et de manipulation réciproque. Jérôme Leroy construit ses personnages (même s’il peut parfois être à la limite de l’outrance, avec son prof puceau). Il sait soigner ses rebondissements et ne tombe finalement pas dans la facilité. Avec une sorte d’ironie narquoise, il prend les analyses politiques à contre-pied, se joue des Bien-Pensants. Après Jugan et le Bloc, Jérôme Leroy poursuit sa descente dans les méandres d’une société malade. Avec La petite gauloise, il part à la rencontre d’une jeunesse sans repère, en colère. Et ce qui est peut-être le plus grave, une jeunesse sans espoir ni attente. Dans ce livre il est question de frustration. Frustration sociale, mais aussi sexuelle. Jérôme Leroy s’intéresse aux corps : ceux dont on use et abuse, ceux que l’on désire et convoite. Et ceux que personne ne songe même à regarder. Colère, frustration, indifférence, violence, un cocktail instable et dangereux. La Petite Gauloise est un livre court, incisif. Un récit tendu qui tient en haleine et appuie où ça fait mal. Les plaies sont multiples et diverses. L’origine du mal est auto-immune : la société a créé son propre ennemi.

lundi 22 février 2016

Promesse de Jussi Adler Olsen

Couverture : Stéphanie Weischer
Voici donc la sixième enquête du Département V, spécialisé dans les affaires irrésolues, de la police de Copenhague. On retrouve le commissaire Carl Morck et ses assistants Assad et Rose. Pour les non-initiés, Jussi Adler Olsen a déjà publié : Miséricorde, Profanation, Délivrance, Dossier 64 et l'Effet Papillon. J'ai lu les 4 premiers tomes. Je n'ai pas lu l'Effet Papillon car je trouvais que la construction était toujours la même. C'est le principe des séries télé, mais pour un roman c'est très répétitif. Seulement voilà... Promesse est arrivée... Et elle a été tenue. Là aussi la construction est similaire. Avec un enjeu supplémentaire : le point de départ est un simple faits divers, rien n'indique un acte criminel et c'est l'obsession d'un enquêteur au-delà du raisonnable qui pousse (oblige) le Département V à enquêter. Ce qui m’a fait replonger dans cette série, ce sont les personnages récurrents. La psychologie, déjà très présente dans les livres précédents, prend encore plus d'importance dans ce sixième tome. C'est exactement ce que j'aime chez Jussi Adler Olsen : cette finesse dans la construction des personnages, même les plus caricaturaux comme Carl Morck. Tous ont une vraie épaisseur. Il n'y a jamais de vrai méchant, chacun des personnages a ses nuances, ses convictions et ses raisons intimes d'agir comme il le fait. Nous avons tous des fêlures, des faiblesses et des blessures qui parfois peuvent prendre le dessus. Il y a en chacun de nous, un démon (plus ou moins grand) qui se débat pour remonter à la surface. Au-delà de l'enquête, ici sur le milieu des sciences alternatives et des sectes, il y a les secrets que cache chaque personnage. D’où vient le mal être profond de Carl Morck ? Assad est-il vraiment le Syrien un peu naïf qu’il prétend être ? quel caillou se cache au fond de la chaussure de Rose ? Jussi Adler Olsen a construit sa série en 9 épisodes, qui constitueront au final, une seule grande histoire. Celle des enquêteurs. Le tome 7 nous dévoilera l’histoire de Rose, le 8 celle d’Assad et le 9 le parcours chaotique de Morck.

mercredi 27 août 2014

Crains le Pire de Linwood Barclay

couverture : dpcom.fr
Petit retour au polar ! Un livre de Linwood Barclay est plutôt une valeur sûre. Dans cet opus, Linwood Barclay explore les relations entre un père et sa fille. L'adolescente disparait brusquement sans laisser de trace, alors qu'elle se rend sur son lieu de travail estival. Un hôtel où elle tient la réception. La police piétine et le père décide de mener sa propre enquête. Il va alors découvrir des incohérences et commence à se poser des questions sur sa fille. Connait-on jamais vraiment ses enfants ? Linwood Barclay sait parfaitement traiter de ces instants où la vie bascule. Un homme ordinaire, pas vraiment héros de sa propre vie, va devoir faire face aux dangers pour sauver sa fille. Crains le Pire... C'est exactement de cela qu'il s'agit pour un parent : comment protéger son enfant et le laisser en même temps faire ses propres expériences, vivre sa vie selon ses propres choix ? Comment leur faire comprendre que quoi qu'il arrive, on est là pour eux et les laisser choisir leur trajectoire ? C'est un bon roman policier, bien maitrisé et efficace.